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Cultivons la curiosité

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Re-Animator

Re-Animator
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Bon, et bien nous y sommes. Nous allons découvrir ensemble un des films les plus emblématiques de l'horreur rigolote, légère, des années 80. Pourtant librement inspiré d'une nouvelle de Howard Phillips Lovecraft, "Herbert West, réanimateur", publiée à partir de 1922 tout de même, et bien l'œuvre du jour sera à des années-lumière d'une ambiance pesante, lourde, menaçante, du romancier Étasunien. Tout ça parce que le scénario de Dennis Paoli, William Norris et Stuart Gordon (ce dernier réalise aussi le film) va ajouter une dose d'humour dont j'ignore si elle est d'entrée volontaire ou non. Mais ce sera ultra efficace.

 

Le long métrage est sorti en 1985, il dure environ 1h40, et va nous mener dans un hôpital où un étrange personnage va faire d'étranges expériences. Oui, ça ne veut rien dire comme ça, mais passons. Regardons donc la bande annonce en version française tandis que le film a été vu en version originale sous titrée en français.

Vidéo de Otto Rivers

Tout débute à Zurich. Une infirmière est accompagnée par 2 policiers et tout ce petit monde s'inquiète de la situation dans la salle fermée. Le professeur Hans Gruber (rien à voir avec "Piège de Cristal", John McTiernan, 1988) et son élève, Herbert West (Jeffrey Combs) ne répondent pas. Résultat, la porte est fracturée et l'horreur apparaît au grand jour. Le professeur est mort, et West lui injecte un produit bizarre dans le cerveau. Fait choquant, ceci ramène à la vie le pauvre Gruber, qui n'avait rien demandé. Et alors qu'un massacre a lieu, le professeur re-meurt... Meurt à nouveau.

 

Oh, mais nous voici dans le Massachusetts, où l'on découvre Daniel Cain (Bruce Abbott), qui est un interne en médecine particulièrement dévoué. Seulement, malgré son opiniâtreté, il ne pourra pas sauver la dame. Reste que bon, le mec a bon cœur, mais doit apprendre à lâcher prise. Heureusement il peut compter sur Megan (Barbara Crampton) pour lui remonter le moral. Surtout qu'à travers un montage un peu trop rapide, iels passent des couloirs de l'hôpital à un lit douillet en train de faire... enfin voilà quoi. Daniel aimerait bien que Megan officialise leur couple. Il faut dire qu'elle est la fille du doyen de l'Université où il achève ses études, et que ça risque de ne pas passer.

 

Reste que nous avions constaté que Herbert était désormais élève ici, suivant le même cours que Daniel du professeur Carl Hill. Ou Docteur Hill (David Gale). Et notre bon vieux West va s'illustrer en contredisant ouvertement les dires de Hill. Pas cool comme entrée. Mais, répondant à une annonce de collocation, West et Cain vont se retrouver à habiter ensemble. Alors, pendant que Megan et Daniel discutaient sur le lit, on a pu assister à un jet de chat assez hilarant. À priori le félin ne fut pas trop traumatisé puisqu'il aura droit à un second jet. Quand je dis "jet", c'est une personne de l'équipe du film qui jette le chat sur le lit, pour offrir un moment effrayant, mais c'est tellement évident que le chat n'a pas sauté ainsi naturellement que cela en est hilarant. Et j'ignore si c'est volontaire ou non.

 

Là, en parallèle, on découvre que le docteur Hill, c'est peut-être un gros connard d'hypnotiseur, qui manipule le doyen (Robert Sampson) afin de s'assurer que Megan rompe bien avec Daniel. On apprendra à la fin que c'est parce que ce vient pervers avait des vues sur la jolie jeune femme. Si en plus, on tombe sur Megan qui découvre le cadavre de minou, je ne sais plus son nom, dans le frigo de Herbert, alors là, c'est le couple qui pourrait exploser. Surtout quand on verra par la suite que West fait des expérimentations avec le fluide fluorescent sur minou. Manquant de se faire bouffer par le chat mort-vivant. Sauvé par Cain in-extremis. C'est là que ce dernier découvrira le superbe potentiel des recherches de son colocataire.

 

Bon, il va se passer pas mal de chose, mais la plus importante étant que Megan va balancer l'expérience sur minou à son père, que West et Cain seront virés, et donc contraints de prendre un risque insensé, à savoir faire un petit tour à la morgue pour ressusciter, tel JC, Melvin (Peter Kent). Genre ils ont pris le mec le plus balèze de la morgue (wikipédia indique même que c'est la doublure d'Arnold Schwarzenegger). Résultat, massacre. Le doyen y passe, mais le duo arrive à s’en sortir on ne sait pas trop comment. Seulement Hill découvre que les signes vitaux du doyen sont inexistants, et qu'il est donc vivant, mais mort. Ce qui va pousser le docteur à enquêter sur Herbert, allant même jusqu'à l'hypnotiser pour obtenir sa création.

 

En fait, à partir de la morgue, de la réanimation de Melvin, le film part vraiment en sucette. Jusque là c'était assez simple, parfois marrant, mais sans plus. On a vu un cadavre de chat revenir à la vie... deux fois... Et puis voilà. Là ça va vraiment partir dans le gore. La surenchère inutile, donc drôle. Avec des dialogues absurdes, mais hilarants. Sur le fait qu'un personnage soit mort, mais pas vraiment. Le plus drôle reste cette folie du docteur Hill, qui va perdre la tête (au sens propre comme au figuré), mais ne perdra pas de vue son espoir d'obtenir un Nobel. Mieux, il va s'offrir une séance coquine en essayant de violer Megan. Seul instant qui justifie le côté "érotique" de cette comédie-érotico-fantastique comme c'est présenté au dos du boîtier DVD. Franchement, c'était dispensable, mais que voulez-vous, le plan nichon, voire nudité intégrale ici, est un passage obligé dans les films d'horreur des années 80.

 

La fin est... logique, on n'en attend pas moins d'un film d'horreur. On retrouve l'abnégation de Cain, et surtout c'est une nouvelle fois un massacre, avec des morts-vivants piloté·e·s mentalement par la tête de Hill, qui essaie de diriger son corps tant bien que mal. Le fait qu'il remplace sa tête par un mannequin, alors qu'il est dans un sac, putain mais c'est trop drôle je vous assure. En plus ça offre au corps un côté comique, le regard vide du mannequin...

 

Pour ceci comme pour le reste, le film fonctionne parfaitement. Les effets spéciaux sont excellents, les idées incroyables, et le fait que nous soyons face à un film de série B, mais qui semble le savoir, offre un côté comique assez inattendu. C'est simple, on voit de tout, des têtes décapitées, des viscères, un chat mort-vivant, des corps qui s'animent. Tout ceci pourrait être effrayant, mais j'ignore pourquoi, l'ambiance est plutôt à la gausserie. Tout y est tellement exagéré, à commencer par les réactions des personnages, que l'on ne peut que se marrer. Hill qui ne semble pas plus inquiété que cela d'avoir perdu la tête, enfin bon, plein de petites choses qui rendent le film hyper marrant à voir.

 

 

J'ignore si c'est vrai, mais à l'arrière du boitier DVD que j'ai, il est inscrit que l'aspect comique est une source d'inspiration des futurs "Evil Dead 2" (Sam Raimi, 1987), "Bad Taste" (Peter Jackson, 1987) ou "Brain Dead" (Peter Jackson, 1992). En tout cas, ce mélange de gore et d'humour fonctionne parfaitement. La distribution rend le tout digeste, et agréable à suivre. Si on ne s'inquiète jamais vraiment du danger auquel fait face tout ce petit monde, donc si on n'a pas vraiment peur, il reste tout de même un souvenir impérissable. Celui de répliques drôles, de situations invraisemblables, de personnages qui réagissent de façon très nonchalante. Donc oui, le film mérite son statut cultissime. Il a des défauts, mais ils sont largement compensés par l'ambiance légère. J'ai adoré et je prévois déjà de faire les 2 suites.

 

@+

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