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Cultivons la curiosité

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Initial D : First Stage

Initial D : First Stage
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AE86, transfert de masse, FR, FF, drift, talon-pointe, échauffement des pneus, usure même des pneus, répartition du poids, et j'en passe. Des termes un peu obscurs pour quiconque n'y connait rien en automobile, et plus précisément en course automobile. Si vous êtes, comme votre serviteur, un apprenti pilote sur "Gran Turismo" (univers PlayStation) ou "Forza Motorsport" (univers XBox), j'occulte volontairement les simulations PC, trop pointues, vous connaissez peut-être certains de ces termes. Nom de code des voitures, réaction physique de ces mêmes engins à quatre roues, on peut dire que ça peut paraître complexe de loin.

 

Alors comment rendre tout ceci intéressant, sans tomber dans le pichou kéké oumtchi oumtchi oumtchi ? C'est quoi oumtchi oumtchi oumtchi ? Le bruit que fait la musique qu'apprécient les tuneurs et tuneuses, ou fans de customisation automobile. Au choix. Regardez les premiers "Fast and Furious" pour comprendre de quoi il en retourne. C'est d'ailleurs en 1995, soit 3 ans avant l'article qui inspirera la saga menée par Vin Diesel, que SHIGENO Shûchi créé un manga sur les courses de rue japonaises. Enfin, loin d'être un 400 mètres départ arrêté, c'est plutôt une bataille entre 2 automobiles, à travers les petites routes serpentants souvent sur une colline.

 

Nommé "Initial D", euh, je ne sais même pas pourquoi en plus, le manga s'étendra sur 48 volumes, de 1995 à 2013. Une adaptation animée arrivera en 1998 signée par le studio Gallop. Le premier stage, la première partie en gros, sera mise en image le long de 26 épisodes de 24 minutes. Mêlant de façon étonnante, images de synthèses (en 1998 nous en sommes à la génération PlayStation 1/Saturn/Nintendo 64) et animation traditionnelle. Mais de quoi cela parle ? Nous allons le voir après le générique de début. Sachant que l'anime fût vu en version originale sous titrée en français.

Vidéo de DSaigo 7

Oui. "Initial D" est LA série qui a permis au groupe d'électro dance, voire eurodance, M.O.V.E. d'exploser aux yeux du monde entier. N'oublions que nous sommes en pleine vague japanimation, "Dragon Ball Z", "Neon Genesis Evangelion", et j'en passe, permettent au Japon d'exporter ses animes, surtout en France. J'ai le vague souvenir d'avoir vu un épisode de "Initial D" sur la chaîne Manga, tout comme je regardais "Blue Seed". Je n'ai plus les dates, mais genre en 2001-2002. L'eurodance/eurobeat, les images de synthèses, l'histoire de ce lycéen taciturne, introverti, qui est un as de la conduite, forcément, ça parlait au jeune homme de 19-20 ans que j'étais. Puis les voitures que je voyais étaient jouables dans "Gran Turismo" (1997, Polyphony Digital, PlayStation).

 

Sauf que je n'ai jamais approfondi, les services de streaming légaux n'existant pas, et n'ayant plus accès à la Télévision Par Satellite de TPS (qui veut dire Télévision Par Satellite, mais j'en aurais pour 10 ans à vous expliquer la vie avant l'ADSL et la Fibre Optique je pense) j'ai passé mon chemin. Voulant voir les films "One Piece" de façon légale sans acheter un support physique, j'ai donc pris un abonnement à ADN. Et dessus, je peux vous annoncer que l'on va voir "Slam Dunk" et l'intégralité de "Initial D".

 

Mais pour cela, il faut débuter par le first stage. Rigolo, c'est comme ça que nomme le fait de pousser sa voiture un peu plus dans les chevaux et le couple, Stage 1, Stage 2 etc... Pardon. Mais attendez, l'histoire. Takumi est un lycéen sans histoire, souvent dans la Lune, il extériorise pas des masses ses émotions. Contrairement à son pote Itsuki, qui lui peut facilement énerver par son exubérance. Ils vivent près du Mont Akina, où une légende dit qu'une Toyota Sprinter Trueno AE86 Panda est visible, souvent tard, la nuit. Son pilote est un·e as, prenant les virages comme personne. D'ailleurs, personne ne sait de qui il s'agit. Il y aurait bien le tenancier d'une boutique de tofu, Bunta Fujiwara, qui en possède une, mais c'est peu probable.

 

Or, on découvrira rapidement que si, c'est bien la voiture de Bunta. Et que ce dernier fait assurer les livraisons de tofu à son fils, Takumi, depuis 5 ans. Oui, Takumi conduit depuis l'âge de 13 ans... ne regardez pas trop là, c'est bon... Et forcément, dès que ceci sera su, les plus grands pilotes locaux, mais aussi venant d'ailleurs, voudront se frotter à cette 86 mythique. La Vieille Toyota ne paye pas de mine, mais elle est redoutable. Bunta est un ancien pilote de rue, et un fin metteur au point.

 

Takumi lui, ne prend pas de plaisir particulier à conduire. Juste c'est un boulot qu'il fait pour aider son père. Il n'y connaît rien d'ailleurs en voiture et termes techniques. Il bosse avec Itsuki dans la station service du coin, histoire de se faire un petit pécule. Il se trouve qu'en participant à son premier "battle", il pourrait bien prendre goût à cette vie nocturne, surtout qu'il a un sens du pilotage presque inné. Le menant à affronter divers adversaires, de la Mazda RX-7 de Keisuke Takahashi, à la Honda Civic de je ne sais plus qui, en passant par les anges de Usui, Takumi va en connaître des affrontements.

 

En parallèle, il s'amourachera avec Natsuki, une camarade lycéenne assez bourgeoise, mais pas dans son comportement. Elle permettra à Takumi d'apprécier sa voiture. D'apprécier juste conduire en étant bien accompagné. Au fur et à mesure des difficultés, Takumi fera preuve d'un sens de l'adaptation incroyable, et vaincra les plus arrogants des adversaires. Pour un final contre Ryosuke Takahashi et sa FC (une ancienne Mazda RX-7).

 

Le truc drôle ici, c'est qu'on sort des termes techniques, pire, on nomme bizarrement les automobiles, mais on t'explique. Takumi n'y comprend rien au sur-virage, répartition des masses, et autre talon pointe. Il fait juste ça naturellement, du haut de ses 5 années d'expérience. Si il s'est mis à rouler vite, c'est pour plus rapidement rentrer à sa maison afin de dormir. Ceci lui a permis de trouver des techniques qui surprendront les pilotes les plus chevronné·e·s.

 

OK, l'animation a vieilli. Les personnages ont un look bizarre, limite des bouches en cul-de-poule, mais on arrive à s'y attacher. OK, les phases de battle entre automobiles sont faites en images de synthèse largement dépassées aujourd'hui. Mais la réalisation est superbe. On est happé par ce que l'on voit. Les caractères des différents protagonistes font qu'on aime immédiatement Takumi, Iketani, Natsuki, Mako, Sayuki et j'en passe. Notons la présence de femmes ici, et pas qu'en temps quespectatrices. On aura d'ailleurs droit à un battle d'anthologie, avec le principe de co-pilote... enfin bon, vous découvrirez tout ça.

 

Ultra captivante, la série se dévore rapidement. Les sons des moteurs sont sublimes, le travail de sound-design est parfait. Si la musique paraît surannée, elle convient à la perfection aux images que l'on voit. Les titres de M.O.V.E. (et parfois d'autres groupes) sont parfaites. Un peu comme la saga vidéoludique WipEout est indissociable de la mouvance sonore "techno", ici, cette musique électronique convient idéalement aux courses de rue. Elle apporte même une sensation grisante de vitesse.

 

Sinon, nous sommes face au pur Shônen, un héros lycéen qui se découvre un talent inné et qui va évoluer, en affrontant des adversaires toujours plus fort·e·s. Il n'y a pas de sang, pas de violence, pas de sexe. Mieux, on pourrait croire a du fan service avec Natsuki, Mako et Sayuki, mais il n'en est rien. Les voitures, à défaut d'être aussi bien représentées que sur un Gran Tursimo, sont reconnaissables, et possède leur caractéristique propre. Genre la 32 (ou R32, le nom de code d'une version de la Nissan Skyline GT-R) a 4 roues motrices. Donc est plus lourde, et son pilote favorise la tenue de route plus que le drift. Les petits détails de ce genre parsèment un récit dont l'auteur semble connaître les tenants et aboutissants. En gros, soit SHIGENO est un pilote, soit il a bien bossé le truc. Chapeau.

 

Bluffant. Voilà ce qui en ressort. Si on passe une technique qui accuse ses 27 années, on tombe tout de même sur un anime prenant, captivant, et décrivant le monde des courses clandestines comme quelque chose de sérieux, mais aussi de réglementé. Pas comme ce que l'on voit dans "Fast and Furious" (Rob Cohen, 2001) ou "Fast and Furious : Tokyo Drift" (Justin Lin, 2006). Les modifications extérieures sont discrètes, tout juste un autocollant du club auquel appartient le pilote, et on comprend bien pourquoi et comment un tel arrive à prendre le dessus. Ceci grâce à une belle réalisation, magnifiée par la musique. J'ai adoré, mais ça c'est parce que j'aime les voitures. En tout cas, je pense que ça peut vous intéresser, même sans vous y connaître. La tension est bien retranscrite, on s'attache aux personnages, et les battle durent genre 2 ou 3 épisodes max. J'ai déjà hâte de voir la suite.

 

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