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Cultivons la curiosité

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La fascination exercée par nos cousins simiesques existe depuis longtemps. Après tout, l'un des plus gigantesques monstres du cinéma n'est-il pas un Gorille ? Gojira lui-même, selon la légende, n'emprunte-t-il pas une partie de son patronyme au Gorilla (Kujira, Baleine, venant compléter le tout) ? "La Planète des Singes" (Franklin Schaffner, 1968, selon le livre homonyme de Pierre Boule), et toutes ses suites, révisions, ne montrent-ils pas la crainte de voir ces animaux dont nous descendons prendre le contrôle ? "Alerte!" (Wolfgang Petersen, 1995) montre qu'une fois la maladie transmissible au singe, elle l'est pour l'Humain.

 

Les singes ont donc, depuis longtemps, fasciné l'Humain. Je me dois, promis c'est fini après, de citer "Incidents de parcours (George A. Romero, 1988), qui pourrait s'être inspiré du film du jour. Avec une idée que le singe est tellement proche de l'Humain, que la seule chose qui l'en différencie, est son manque d'empathie. Le poussant à commettre des actes violents... un peu comme quand un Humain perd le contrôle d'ailleurs. Ainsi, "Link" (pas le héros de la majorité des jeux vidéo "The legend of Zelda" hein ? Je vous vois venir) sort en 1986. Il est mis en scène par Richard Franklin, sur un scénario de Everett De Roche. Petite bande annonce. ATTENTION, RISQUE DE RÉVÉLATIONS DANS LA BANDE ANNONCE.

Vidéo de LE CHAT QUI FUME

Alors, punaise, mais pour aguicher la spectatrice et le spectateur, on y voit des images spectaculaires, qui peuvent être une révélation. En tout cas, contrairement à la bande annonce, j'ai vu ce film en version originale sous titré en français (VOSTFr). D'une durée d'environ 1h43, sachez que sur cette version BluRay de Le Chat Qui Fume, il y a un autre disque contenant le film en Ultra HD, avec une version longue composite d'un peu plus de 2 heures, uniquement visible en VOSTFr. La copie est ultra propre, voir un film de quasiment 40 ans d'âge avec un telle qualité (même en BluRay normal), ça m'impressionnera toujours.

 

Alors. On débute par une nuit sombre. Pléonasme, mais je m'en moque. La police passe, et on se rend compte que la caméra a pris le point de vue d'un être vivant pas très grand. Capable de se mouvoir rapidement et de grimper aisément. On le voit passer à côté de la fenêtre d'une petite fille qui essaie de trouver le sommeil en vain. Ses parents sont à côté, en train de regarder un film mettant en scène un spectacle avec un singe. Un cri horrible arrive du toit. On découvre que le petit être a tué des pigeons et un chat.

 

L'introduction est assez stressante, bien mise en scène, mais c'est, avec la fin, le seul moment puissant niveau horrifique du film. Pourtant, la tension ne va pas redescendre. Car nous voici à une université de Londres. Jane (Elisabeth Sue) étudie la zoologie, elle est Étasunienne et rejoint le cours du docteur Steven Phillip. Il est expert en singes et explique les dangers que peuvent représenter nos cousins. Plus forts, plus agiles, ils sont aussi moins civilisés et peuvent donc vous décapiter uniquement car ils sont contents de vous voir. J'abuse un peu, mais ce que nous explique le docteur n'en est pas loin.

 

Jane, dont le petit ami David (Steven Pinner) suit justement le cours du professeur, aimerait bien devenir l'assistante de ce dernier. Qu'à cela ne tienne, il aurait effectivement besoin de quelqu'un pendant les vacances, pour l'aider à tenir son manoir en bord de mer, à 4 heures de Londres. Elle sera logée, nourrie, pour 40 livres par jour. La renommée du professeur fait que la jeune femme n'hésite pas un instant.

 

La voici partie pour le fin fond de l'Angleterre, dans un manoir qui fait penser à celui du premier jeu vidéo "Alone in the Dark" (Infogrames, 1992). On pensera aussi au roman "Le chien des Baskerville" (Arthur Conan Doyle, 1902) avec ces chiens agressifs, qui semblent sauvages, et paraissent empêcher quiconque de prendre à pied l'unique chemin vers le manoir de Phillip. Pas rassurant.

 

Encore moins rassurant quand c'est un Orang-outan habillé en domestique qui vous accueille, le professeur étant en chemin, comme a pu le voir Jane en arrivant. Il est rigolo, fait bien son boulot, montre sa chambre, sa salle de bain. Non, ça s'annonce bien. Elle fera aussi connaissance avec l'agressive Voodoo, une chimpanzé âgée, et retrouvera Imp (Jed), le jeune chimpanzé aussi, déjà vu à l'université. L'Orang-outan se nomme Link (Locke dans le civil), et est très intelligent.

 

Donc, Jane apprend à se méfier des singes qui l'entourent, mais tout semble aller pour le mieux. On découvre que Phillip a vendu Voodoo à un zoo, et que ce mystérieux Bailey (Kevin Lloyd) qui appelle souvent en est l'acheteur. La veille de mener Voodoo (Link aussi, mais Jane l'ignore), le foyer est agité. Phillip essaie de reprendre le contrôle, quitte à ce que ça chahute, c'est normal.

 

Dès lors, Jane pourrait bien se retrouver seule dans un immense manoir, auprès d'un Link qui semble avoir des sentiments pour elle. Le professeur est-il bien parti pour Londres avec Voodoo, comme le pense Jane ? Link a-t-il joué un mauvais tour pour conserver la belle jeune femme pour lui tout seul ? Ceci, ce sera pour la seconde moitié du film. Que je vous laisserai découvrir.

 

Sur le papier, il y a moyen de faire un thriller bien tendu. Qui vous refroidit l'échine. Dans les faits, si la tension ne descend pas trop bas, on ne stresse pas trop dans la première heure (hors introduction, qui, soit dit au passage n'était pas dans la version cinéma française). Mais on sent des choses bizarres. Gênantes même. Link devient de plus en plus lourd avec Jane, quitte à aller la voir quand elle veut prendre son bain. Mieux, l'Orang-outan veut cuire le téléphone. Comme pour mieux l'isoler.

 

Si Jane ne s'aperçoit pas de tout au début, des actes bizarres vont commencer à lui mettre la puce à l'oreille. La découverte du cadavre de Voodoo dans la commode sera un début. Le fait que Link enferme Imp dans le puits, qu'il s'amuse avec le câble téléphonique comme pour mieux le couper. Jane va devoir ruser afin de se sortir de ce qu'il semble être un traquenard. Découvrant tardivement les dégâts commis. Pour mieux tout finir sur un brasier puissant.

 

Alors, je n'ai pas compris ce que fait le personnage à la fin. Il y a un protagoniste qui, au lieu de fuir l'incendie, reste. Comme si il voulait mourir. C'est ainsi que je l'ai perçu du moins. C'est assez bizarre, ça manque un tout petit de clarté là. Peut-être que la version longue (plus proche de celle voulue par Richard Franklin) apporte une réponse. J'essaierai de la voir plus tard, dans quelques années.

 

Si il n'est pas ultra spectaculaire et manque un petit peu de rythme au début, le film fonctionne. Par l'avertissement offert aussi bien par l'introduction (à voir dans sa version normale, pas française pour le coup), que par le professeur Phillip. Pire, le dernier plan créé une confusion. Je ne peux pas trop en dire, mais on en vient à douter de la culpabilité d'un certain personnage (celui-là même qui semble vouloir en finir avec la vie).

 

La fin d'ailleurs est d'une forte intensité. Après le côté montée en puissance plus tranquille du film, ça surprend, ça s'accélère. Dès lors le film se transforme littéralement en film de survie. Digne des plus grandes franchises de film d'horreur. Il y a peu de monde à la distribution, mais les personnages sont très bien interprétés. Mention très bien à Elisabeth Sue, seul protagoniste féminin, qui explose l'écran.

 

Mais le plus impressionnant, même si aujourd'hui on préfère ne pas voir ça au cinéma, ce sont les singes. Locke et Jed (respectivement Link et Imp). Le travail de dressage a dû être colossal. Alors oui, on pourra dire que la place des animaux n'est pas sur un plateau de cinéma, et on ne saura jamais si ils étaient heureux de faire ça ou non, mais le rendu à l'écran est nettement plus choquant et stressant qu'avec des effets spéciaux.

 

Oui, ce n'est pas le meilleur film au monde. Il mélange beaucoup de chose, thriller, horreur, huis-clos, fantastique. Mais il le fait bien. Le début, quoique un peu mou, reste assez prenant pour continuer le film. Qui s'achève sur un acte intense et très violent. Oh, il n'y a pas trop de sang, ce n'est pas du tout gore, mais la tension s'intensifie sur la fin. Rendant celle-ci haletante et marquante. J'ai adoré, je vous le conseille, si possible dans cette version Le Chat Qui Fume, absolument sublime. À voir je pense.

 

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