Cultivons la curiosité
Bravo le veau, alors que j'avais fini d'écrire cette chronique, j'appuie sur le bouton Enregistrer et pouf, tout disparaît comme par magie, merde quoi. Donc excusez moi si je fais vite, parce que écrire deux fois la même chronique me gonfle un peu. Blablabla James Gunn, blablabla Gardiens de la galaxie, blablabla 2011, blablabla Kick Ass. Grosse merdo c'est comme ça que ça débutait. En plus j'ai vu ce film plusieurs fois, logique, c'est pour cela qu'il est dans une semaine spéciale de film que je juge culte, et là je l'ai revu en VF, qui fonctionne bien je trouve. En fait c'est le concept de Kick Ass en encore plus extrême (et moins fun). Surtout que le personnage de Franck permet pour un mec comme moi de facilement s'y identifier, merde, je parle mal, j'avais dit ça mieux la première fois que j'ai écris la chronique, ce n'était pas parfait mais c'était mieux. Donc oui, Franck est un perdant, il est moche, bedonnant, cuistot dans un Diner, et pourtant il a une femme magnifique en la personne de Sarah. Ah oui, j'avais cité les acteurs mais là ça me gonfle, on regarde la bande annonce.
Vidéo de SeanceCinema.
Donc malgré son physique et son status social peu avantageux, Franck est arrivé à se marier avec la très jolie Sarah, qui est aussi une ex-toxico, chose que l'on apprendra tardivement et qui nous fera nous poser des questions quand elle décide de quitter le personnage principal. Ce dernier se met à déprimer, et il regarde la télé pour passer le temps, après avoir vite vu un Hentaï avec des tentacules (pas assez longtemps pour vider les couilles, gardez vos mains en l'air qu'on les voit bande de branleurs), il va tomber sur une série pourrie d'un télé catho, où le Vengeur sacré explique les choses à faire et ne pas faire à des ados décérébrés, souvent tentés par la diable. Dès lors Franck veut en savoir plus pour donner un sens à sa vie, il va donc dans une boutique de BD où il recherche les aventures du Vengeur.
Il va y rencontrer Libby, une jeune femme qui sera importante par la suite, mais pour le moment Franck n'est toujours pas éclair cramoisi, il manque un détail, une étincelle (comme le chantait les L5), et c'est une hallucination qui va pousser notre héros à nettoyer les rues de la racaille. Dans une très jolie scène, Franck va se faire ouvrir le crâne par des tentacules avant de voir Jésus lui-même, et puis de se faire toucher le cerveau par Dieu. Carrément. Le mec était bizarre, mais on ignorait qu'il était fou en fait. Le pire étant qu'il se croit vraiment choisit pour faire le bien. Il a trouvé son but, et se confectionne un costume.
Seulement l'éradication du crime n'est pas aisée, et après avoir longtemps attendu, il choisira d'aller là où sont les malfrats, pas de chance c'est une branlée monumentale qui l'attend, et il sera obligé de retourner à la boutique de BD pour prendre plus de renseignements sur les héros sans pouvoir. L'occasion de citer Batman, Green Arrow et même Catwoman. Pour les fans de Marvel, Captain America est cité (mais Libby se ravise car ça reste un surhomme) et Iron Man aussi. Franck découvre qu'il lui manque une arme, c'est la clé à molettes qui va retenir son attention, efficace, dangereuse, parfaite quoi. Et là c'est le début du massacre, dealer, pédophile, voleur, tout le monde y passe, avec une violence pouvant choquer. On trouve une touche d'humour quand Franck se barre et perd son arme, le voir contraint de revenir sur ses pas avant de partir tout content est assez drôle devant le déluge de violence que l'on vient de voir.
Pour mieux montrer comment son héros est dérangé, James Gunn ira lui faire défoncer le crâne d'un resquilleur particulièrement hautain (et sa femme aussi). Certes, tout le monde a rêvé de fracasser le crâne de ce genre de connard, mais de là à le faire... C'est à partir de là qu'il prendra assez d'assurance pour s'attaquer au vrai fond du problème, à savoir se venger de Jacques qui lui a volé sa femme (cette dernière replongeant dans la drogue). D'abord, il enquête, manque de discrétion oblige (voir la façon dont il s'introduit malhabilement chez le malfrat), il se fait découvrir et sera blessé par balle à la suite de cette escapade. Un des bras droit de Jacques l'aura reconnu malgré son costume, et ceci est intéressant, on n'a pas le syndrome Superman avec ou sans lunettes, même le détective reconnaîtra tardivement en Franck le portrait robot de éclair cramoisi (l'inverse plutôt mais là je fatigue).
C'est donc chez Libby que Franck se rend pour se soigner, alors que les sbires de Jacques cherche à buter le héros, manque de bol ce n'est pas la bonne personne qui se retrouve sous le feu. Et donc Franck se remet de sa blessure et c'est là qu'entre enfin en jeu Libby, qui fait tout pour être son acolyte, cherchant des noms de sidekid, chose que refuse Franck, mais finalement il cédera et s'apercevra qu'elle est encore plus dingue que lui. Ensemble ils essaient de faire régner la justice, surtout que le public et les médias commencent à savoir que ce ne sont que des criminels qui subissent la foudre de l'éclair cramoisi, même cramoisette aura son portrait robot à la télé.
Alors qu'il vire son acolyte, Franck est attaqué par des hommes de main de Jacques, notre héros sera sauvé par Libby. Dès lors ils formeront un duo qui s'attaquera au grand méchant de l'histoire. Pour cela il y a une courte préparation, ce qui va exciter la jeune femme, nous offrant une scène de.... oui viol, très dérangeante. Surtout qu'à la fin de ça, Franck voit un signe qu'il est temps d'aller péter la gueule de Jacques. Et c'est dans son dernier acte que le film part en sucette, encore plus quoi. Cette fois ci on oublie le réalisme du film, et on part dans une sorte de vendetta façon Rambo qui est vénère et qui surprend. Après la scène d'amour non consenti, on retrouve une autre scène choquante, qui semble rendre le héros invincible. Je ne parle pas de la tentative de viol sur Sarah, là aussi c'est dégueulasse, mais bien de la double revanche que Franck cherche à obtenir en allant péter la gueule à tout le monde. Là on part dans une débauche d'action (ce n'est pas du Michael Bay non plus, mais par rapport au reste du film ça surprend) assez sympa. Un peu à la Scott Pilgrim vs. the world, on verra s'inscrire des onomatopées de BD en fond, du plus bel effet je trouve. On trouve une partie gore en plus, point déplaisante, on sent que c'est le bouquet final quoi, le réalisateur se lâche. Je vous laisserai découvrir la fin, très forte en émotion.
Ah merde, petit point rectificatif, ce n'est pas une clé à molettes, mais une clé anglaise qu'utilise Franck. Sinon que dire de ce film. Déjà, je sais, c'est facile de le comparer à Kick Ass, mais en fait il n'y a pas du tout le fun de ce dernier film. C'est plutôt l'histoire d'un homme paumé que des idées religieuses (comme la menthe, non Mante, oui, comme la jolie, ouah, sacrée parenthèse à la con) vont transformer en faux héros. Franck est psychologiquement dérangé, et ce n'est rien par rapport à Libby (il n'y a qu'à la voir heureuse alors qu'elle a failli assassiner un mec), et cette ambiance rend le film presque choquant, dérangeant dirons nous. On voit juste des tarés jouer aux super héros, une parce qu'elle a besoin de repère, l'autre parce qu'il a besoin de se venger et d'enfin arriver à être fort, lui qui fut si souvent le faible. Au début du film on s'identifie facilement à Franck (du moins pour mon cas), puis très vite l'identification disparaît devant le côté barge du héros, pour faire place à une empathie parfois malsaine (le coup de l'homme qui double dans la file d'attente). Je suis contraint de reconnaître l'immense qualité de Ellen Page, magistrale ici, incroyable dans ce rôle de jeune femme dérangée, rien qu'à voir son regard, pffiou, impressionnant. On oubliera vite Liv Tyler et Kevin Bacon par contre. Un film à voir donc, mais surtout ne vous attendez pas à un Kick Ass plus réaliste, car c'est plus l'histoire de gens tarés qui décident de se servir de leurs avatars costumés comme exutoire de ce qu'ils ne sont pas capable d'accomplir en civil. J'ai bien aimé.
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