Cultivons la curiosité
Il peut arriver, parfois, de se faire une idée d'un film uniquement sur son affiche. Ainsi que sur les retours que l'on peut lire sur internet. Donc, aujourd'hui dans le mois spécial cinéma sur Ashou, nous allons parler d'un film que j'ai regretté avoir loupé au cinéma lors de sa sortie. "Vesper Chronicles" est sorti en 2022. Il est réalisé par Kristina Buožytė et Bruno Samper, qui participent aussi au scénario avec Brian Clark. Film présenté comme de la science-fiction, comme une odyssée incroyable, "Entre 'Soleil Vert' et 'Blade Runner'" dixit le journal Le Figaro (c'est à l'arrière de la jaquette du BluRay). Mieux, et plus haut perché encore (surtout après avoir vu le film), nous avons Le Point qui parle d'influences venant de Cronenberg (je suis d'accord), Giger (euh...) et Miyazaki (ah ouais, faut pas consommer des substances illicites voyons). Mais peut-être qu'effectivement, il existe un lien. Sauf qu'il n'est pas aussi flagrant.
Enfin bon, tout ça pour vous dire qu'alors que je m'attendais à voir une odyssée science-fictionnelle, une sorte de "Jupiter : Le Destin de l'Univers" (les sœurs Wachowski, 2015), ou "Mortal Engines" (Christian Rivers, 2018). Voire un soupçon de "Rogue One : A star Wars Story" (Gareth Edwards, 2016), ne me demandez pas pourquoi pour ce dernier. Et bien il n'en sera rien. Mais avant tout, petite bande annonce que j'aurais dû voir avant de me lancer dans le film.
Vidéo de CondorOfficial
Dans un monde où plus rien ne pousse, où un virus a décimé la plupart des plantes et tous les animaux, l'Humanité survit enfermée dans La Citadelle. Cocon protecteur de l'élite, laissant pour compte une grande partie des autres personnes vivants sur Terre. Nous allons suivre Vesper (Raffiella Chapman), qui tente de survivre avec son père gravement malade à charge. Darius est alité, nourrit directement par sa fille. Cependant, il a transféré une partie de son esprit dans un drone qui vole. Ainsi il peut veiller sur Vesper. Le drone est un cadeau de dédommagement de La Citadelle car Darius faisait partie de l'armée en charge de la défendre. C'est d'ailleurs ainsi qu'il fût blessé.
La maman de Vesper est partie voilà 1 an, se transformant peu à peu en... j'ai perdu le nom, un peu comme les disciples de Sephiroth dans le jeu vidéo "Final Fantasy VII", avec la capuche noire, le mutisme. D'ailleurs, pour vous dire à quel point les comparaisons du magazine Le Point sont pétées, parce qu'il y a des bipèdes muets avec une capuche noire dans cette univers, on pourrait dire : "Digne de 'Final Fantasy VII'". Ce qui est ridicule. Mais passons.
En tout cas Vesper est ultra douée en science, et elle effectue ses propres recherches afin de faire pousser de la nourriture. Tout ceci à l'écart de Jonas (Eddie Marsan), qui règne en maître de sa ferme. Il fait aussi pousser des graines, et élèves ses enfants, un peu comme une secte. C'est d'ailleurs le seul qui peut... comment dire sans être gore, qui peut féconder les femmes en âge d'enfanter. Important, Vesper a 13 ans et rappelle un peu les traits de sa mère à Jonas. Pas de la mère à Jonas hein ? Celle de Vesper. Punaise j'ai failli vomir là. Enfin bon, la vie ce n'est pas cool, et pourtant notre héroïne s'en sort haut la main. Avec ce vain espoir d'arriver à trouver la solution pour mettre fin à la faim.
Alors que l'on sent bien les difficultés de Vesper à tenir l'électricité, et donc son père en vie, dans sa maison, un vaisseau s'écrase non loin. Si la carlingue est loin, notre héroïne va trouver une femme blonde, nommée Camélia (Rosy McEwen), qui s'est retrouvée éjectée juste avant le crash. Entre méfiance et volonté de l'aider, Vesper pourrait faire une découverte capitale concernant le "verrou" présent sur les graines qu'elle a volé à Jonas.
Voilà voilà. Ce n'est pas très réjouissant tout ça. Bon. Alors les comparaisons avec "Soleil Vert" (Richard Fleischer, 1973) et "Blade Runner" (Ridley Scott, 1982) sont éclatées. Oui, on peut y voir le soucis de la faim, des Jugs, êtres créés artificiellement, mais franchement, ça ne va pas plus loin que ma comparaison avec "Final Fantasy VII" (SquareSoft, 1997). Celle de Giger laisserait penser que nous allons voir des créatures fantasmagoriques, voire phalliques, bah non. Miyazaki, je comprends, il y a ce principe de flore magnifique, mais aussi de nature qui cherche à reprendre le dessus. Mais idem, on pourrait comparer ce film à "Avatar" (James Cameron, 2009) pour son univers riche. Et idem, cette comparaison est nulle.
La seule comparaison qui tient, c'est celle de Cronenberg. Tant le film m'a remémoré l'aspect charnel de "eXistenZ" (David Cronenberg donc, 1999). Sans le côté phallique une fois de plus. On parle beaucoup zizi dites-moi. Car oui, la faune est charnelle, vivante. Les arbres respirent, et on les voit bouger. C'est d'ailleurs une des grosses réussite du film, les effets spéciaux sont bluffants. Tout comme les décors de Lituanie (pays d'origine de la réalisatrice). La photographie est grisâtre d'ailleurs. Et là, une référence me vient en tête. Même si la série n'était pas encore sortie, le jeu vidéo "The last of us" (Naughty Dog, PlayStation 3, 2013, puis sur les autres consoles de Sony dans de nombreuses sorties, refontes et j'en passe). On retrouve la même photographie, la même volonté de survivre. Le côté charnel. Sans l'action et les infectés cependant.
Alors, j'espère avoir bien résumé le début du film, car je n'en dirai pas plus. Une fois la surprise passée, car oui je m'attendais à de la grosse science-fiction avec de l'action et tout, on tombe sur un film d'anticipation (ah, peut-être trouvons-nous là une comparaison justifiée avec "Soleil Vert") assez obscur, et qui lorgne aussi du côté post apocalyptique. "Le livre d'Eli" (Albert et Allen Hughes, 2010) avec cette même photographie, ou alors "La Route" (John Hillcoat, 2009). Désolé, mais même si elles sont basées sur une petite partie de ce que l'on voit dans le film, mes comparaisons et citations me paraissent bien plus judicieuses. Oui, j'aime bien me faire mousser alors que si ça se trouve je dis n'importe quoi.
Bon, je viens de lire sur wikipédia qu'à priori la citation de Miyazaki est voulue... Les bras m'en tombent. Personnellement je la vois, mais elle est tellement diluée et peu importante qu'on dirait plus un discours marketing qu'autre chose. Passons, après tout je suis moins bien placé qu'un des scénaristes pour dire quelle est son inspiration. Mais alors, il vient le moment de conclure.
Et me voilà bien embêté. Le film est bon, voire très bon. Seulement, n'ayant pas vu la bande annonce et n'en sachant rien, je ne m'attendais pas à voir un film d'anticipation post apocalyptique. Les décors sont sublimes, la distribution est efficace, et les effets spéciaux sont crédibles (en grande partie car en physique et non pas en images de synthèse). Le film est assez pessimiste et demande une certaine patience. Car nous sommes plus face à une ambiance digne du film "La Route" cité plus haut, que des néons d'un "Blade Runner". Si vous cherchez de l'action, de la science-fiction divertissante, sachez que ce film en est à l'opposé.
Malgré la surprise de ne pas être sur ce que j'attendais du film. Je lui reconnais ses nombreuses qualités. La distribution, les décors naturels, l'aspect survie, la photographie. Il faut être bien préparé avant de le voir, car l'aspect anticipation est très crédible. Et on suit avec plaisir l'histoire de Vesper, même si la fin nécessite une rapide réflexion et d'avoir un peu d'imagination. J'ai aimé le voir, mais ne le reverrai probablement pas. Je vous le conseille si vous aimez les films gris, qui parle d'une Humanité tentant de survivre. Si vous aimez la biologie et les plantes aussi. Dire qu'il est indispensable de le voir, je n'irai pas jusque là. Il n'est pas joyeux, mais peut vous intriguer si vous cherchez un film d'anticipation réaliste.
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