Cultivons la curiosité
Jordan Peele s'est fait un nom dans l'humour avec "Key & Peele", puis comme scénariste, producteur et réalisateur avec son premier film "Get out" (2017). Une vision horrifique de ce qu'est le racisme, avec une pointe de fantastique. Il récidivera dans le genre horrifique en 2019 avec "Us". Seulement, en 2022, l'homme aux multiples talents va s'attaquer à un autre genre. Plusieurs en vérité. La Science-Fiction (S-F) revient souvent quand on veut parler de "Nope", le film que nous voyons aujourd'hui. L'horreur aussi, la survie, et le fantastique. Je dois reconnaître que l'aspect S-F ne me semble pas bien trouvé. Nous ignorons tout de la menace, et n'en saurons guère plus le long du film.
Ainsi, toujours au scénario et à la réalisation, Jordan Peele va, en quelque sorte, signer une version cinématographique de la série qu'il co-produit depuis 2019, "The Twilight Zone". Ce qui expliquerait beaucoup de chose. Mais passons, car nous voici en Californie, pour suivre une lutte bien étrange. Regardons la bande annonce en version française d'un film vu en version originale sous titrée en français, et d'une durée de 2h10. ATTENTION, comme d'habitude, je trouve que la bande annocne en révèle énromément.
Vidéo de Universal Pictures France
Bizarrement, le film s'ouvre par les dialogues d'une sitcom, qui tourne mal. Le studio est décimé, par... un chimpanzé. Puis on arrive au présent (on apprendra que la scène de la sitcom était en 1998), Otis Senior (Keith David) parle de l'avenir du ranch à son fils, O.J. (Daniel Kaluuya). Il faut à tout prix arriver à dresser Ghost, un sublime cheval blanc, afin de décrocher un contrat dans le cinéma. Car les Haywood sont réputés depuis les débuts du cinéma comme étant de talentueux dresseurs, capables de prodiges depuis la fin du XIXè siècle.
Seulement, un nuage bizarre arrive au dessus du ranch et crache des... trucs en fer. Ceci tuera Otis Senior, laissant à O.J. la responsabilité de sauver ce qui peut l'être. Car en plus de son immense chagrin, O.J. n'est pas très loquace. Il sait s'occuper des chevaux, et c'est tout. Ainsi, quand 6 mois après le décès de son père, il se retrouve avec Lucky, un très beau cheval noir, sur un plateau pour... une publicité il me semble, il n'est pas à l'aise avec les autres personnes. O.J. attend impatiemment sa sœur, Em (Keke Palmer), qui est nettement plus à l'aise, mais ne veut pas faire carrière dans le dressage de chevaux.
Bon, c'est malgré tout une catastrophe, et Lucky se retrouve vendu à Jupe (Steven Yeun) qui est à la tête d'une sorte de parc d'attraction sur le thème du Far West. On devine qu'il faisant partie de la distribution de la sitcom qui vit le drame arriver. Pire, il est un des seuls survivants du pétage de plomb du chimpanzé. Jupe aimerait bien racheter le ranch Haywood aussi. Ce que O.J. refuse, malgré ce que l'on devine être une belle somme.
Seulement, depuis 6 mois, d'étranges phénomènes météorologiques arrivent. Pire, les chevaux deviennent de plus en plus agités, et c'est un soir où Ghost s'échappa que O.J. le vit. Une énorme masse dans le ciel, qui se déplace rapidement. Dès lors, sa sœur et lui vont tout mettre en œuvre pour filmer ce qu'iels supposent être un OVNI, un vaisseau. Quitte à involontairement embringuer Angel (Brandon Perea), un technicien travaillant dans une boutique de type "Darty". Lui croit à fond dans la théorie des petits êtres aux grands yeux venus d'ailleurs.
Tout le long du film, on va sentir la pression monter. La spécificité de l'ennemi est qu'il fait cesser de fonctionner tout appareil électrique quand il arrive. Pratique pour savoir où il est. Moins pratique de le vaincre ou de la prendre en vidéo par contre. Et donc, dans un mélange habile entre "Signes" (2002, M. Night Shyamalan) et "Predator" (1987, John McTiernan), il y sera question de chasser cette chose, pour la révéler au grand jour. Le tout sans subir un trépas pouvant rapidement intervenir si on le titille trop. À moins que tout ceci ne soit issu de l'imagination de nos protagonistes, trop pressé·e·s de faire fortune avec une vidéo sensationnelle de haute qualité.
Et tout ceci, ce sera à vous de le découvrir. Vrai ou faux. Quel lien avec la sitcom du début ? Oui, alors ce dernier point, je n'ai pas totalement pigé, mais passons. Le tout est brillamment mit en images par Jordan Peele, qui arrive à lentement, surement, faire monter la pression. Le parallèle avec "Signes" est très bon je trouve. Car il y a des passages de pure horreur qui fonctionnent parfaitement. La distribution est top, et on peut voir à la fin le personnage de Michael Wincott (Antlers Holst dans le film) qui me fait penser à celui de James Wood, qui joue Jack Crow dans "Vampires" (1998, John Carpenter). Vite fait, mais j'ai trouvé cette ressemblance. Puis, quand Em se sert de la moto sur la fin, avec cette pause à la Kaneda de "Akira" (1988, ÔTOMO Katsuhiro).
La durée pourrait effrayer, mais elle sert bien le film, qui n'hésite pas à prendre son temps. J'ignore si c'est parce que je me vois en O.J., mais son aspect taciturne, ayant du mal à parler en public, a rendu le personnage immédiatement attachant pour moi. Les autres le sont aussi. Em et Angel sont important·e·s et attachant·e·s. Jupe pourrait être sympathique, mais bon, quand on sait ce qu'il a voulu faire de ce nuage bizarre... moui. Il est stupide en faite.
Alors oui, on peut y voir un film de science-fiction horrifique, mais je ne pense pas. Fantastico-horrifique plutôt. Le plan mis en place à la fin est très intéressant à voir en branle, tout comme le petit grain de sable qui arrive alors que l'opération se lance (le coup de la moto). On passe un excellent moment, avec une vraie tension qui monte pile ce qu'il faut pour ne jamais s'ennuyer. Donc oui, je vous conseille ce film. Qui n'est pas violent. Alors, oui, à un moment, il y a comme un sentiment de "Amityville : La maison du Diable" (1979, Stuart Rosenberg), enfin, je l'ai vu ainsi, mais ce n'est pas ultra violent. Il est stressant, passionnant à voir, très bien réalisé et très bien mené dans son scénario. J'ai aimé.
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