Cultivons la curiosité
Aujourd'hui sur Ashou, ça va être compliqué. Peut-être même très court. La faute à ma non maîtrise du cinéma Indien déjà, mais aussi parce que le film que nous voyons aujourd'hui, disponible normalement sur Netflix, est nettement plus sombre par rapport à l'idée que je me fais des longs-métrages venant du pays des Mille Couleurs. On va ainsi rentrer rapidement dans le dur, et ne pas trop approfondir les terrifiants événements de la vie réelle qui sont relatés dans le film.
Anishor Solomon va ainsi mettre en images son propre scénario. Ici dans une version Telugu (et non Tamil, qui font partis des langages de cet immense pays) courte de 2h05 environ. Il existe une version de 2h30 environ si j'ai bien vu. Bon, c'est la première version que j'ai vu sur Netflix, en version originale sous titrée en français. Regardons une bande annonce, qui elle est sous titrée en anglais.
Vidéo de Matinee Entertainment
Tout débute dans les années 2000, une petit restaurant explose, tuant ainsi des dizaines de personnes. L'affaire est délicate, vu que l'Inde subit de nombreux attentats commandités par les Moudjahidines Indiens, en partie financés par le Pakistan. Le Ministre n'a pas de choix, devant la lenteur de l'enquête, il faut appeler le meilleur homme d'Inde, Vijay "Wild Dog" Varma (Nagarjuna Akkineni). Le mec est un des meilleurs agents de la NIA, la sécurité intérieur en résumé, seulement ses méthodes sont un peu trop expéditives.
Il nous est présenté alors qu'il démantèle un trafic, de drogue il me semble. Ses méthodes (et celles de son équipe) lui valent d'être mis à pied. Sachez que la scène qui introduit Vijay est violente, un peu surfaite, mais paraît moins délirante que les images qui peuvent tourner sur internet dès que l'on parle de réalisation Indienne d'action.
Vijay, accepte, on comprend qu'il a perdu sa fille dans un attentat, et qu'il veut bien buter du Moudjahidine, et surtout remonter la filière vers le commanditaire principal, qui s'apparente à un fantôme insaisissable. Il récupère son équipe, Ari (Ali Reza), Caleb (Mayank Parakh), Hashwanth (Rudra Pradeep) et Rudra (Prakash Sudarashan). Chacun ayant son propre caractère.
Bon, on assiste à l'enquête de Vijay, qui semble être pointu, le seul à remarquer le mec bizarre à la casquette, à voir le reflet et à en déduire que c'est lui qui a posé la bombe. Mieux, par un gros miracle, un serveur, celui-là même qui s'est occupé du terroriste, peut établir un portrait-robot assez précis. OK, niveau réalisation, l'enchaînement entre les policiers assassinés par le terroriste, nous montrant ainsi que le portrait-robot correspond parfaitement, c'est bien fait, mais punaise, il y a de sacrés raccourcis je trouve.
Bon, l'enquête suit son cours, plutôt bien, et fait un bond quand un prénom est obtenu. Khalid (Bilal Hossein), est donc le terroriste. Dès lors, juste avec un prénom, et l'indication de l'homme qui a reconnu le terroriste, Vijay et son équipe vont remonter auprès d'une petite frappe locale, le torturer, et obtenir plus d'informations.
Je vous passe le tout rapidement, car tout s'enchaîne tellement vite. Genre un passage en prison pour Ari, en charge de faire ami-ami avec une pointure du terrorisme qui pourrait le mettre en contact avec Khalid. Une tentative d'interception du terroriste qui échoue, montrant que ce Khalid est bien une pointure, et qu'il a certainement commis pleins d'autres attentats et va continuer.
Finalement, l'équipe va devoir aller de façon silencieuse au Népal voisin, assistée par Arya (Saiyami Kher), afin de constater que ramener Khalid, je ne sais plus le nom qu'ils lui donnent après (Khalid étant évidemment une couverture), en Inde. Sans l'aide du gouvernement, et même pire, une personne qui a connaissance de cette mission secrète trahira toute l'équipe, vu la réception au Népal. L'occasion de revoir une autre scène de fusillade un peu débile, surfaite, mais une fois de plus, on sent que le réalisateur veut parler sérieusement du sujet et qu'il se calme sur les effets.
La fin est haletante par contre, entre le mariage du fils du Ministre Népalais, l'évasion de Khalid, qui décidera de mieux les attendre avec plein d'hommes. Puis une scène à la Rambo où ça défouraille la police/armée du Népal, pour finalement assister à une traque de l'équipe spéciale Indienne par les autorités Népalaises, qui force nos 6 personnes à tenter un truc fou pour passer la frontière.
C'est à la fin que l'on découvre la taupe, mais aussi que l'on a enfin l'image du drapeau Indien. Car avant cela, il n'y avait rien. OK, ça insulte le Pakistan, berceau des vilains terroristes, mais sans plus. Et c'est à la fin que l'on comprend mieux le contexte du film. Ce dernier, pourtant tourné en 2021, semblait se dérouler en 2010. Et bien sachez qu'à la fin des années 2000 et au début des années 2010, l'Inde a subit énormément d'attentats. Et qu'une équipe spéciale est allée chercher par la peau du cul le principal commanditaire et exécutant. Khalid étant basé sur Yasin Bhatkal, ce dernier fût arrêté en 2013 à la frontière entre le Népal et l'Inde. Bon, est-ce qu'une équipe a vraiment enfreint le droit pour effectuer ça ? Je ne sais pas. Et l'histoire est tellement glaçante que bon, il faut s'accrocher pour se renseigner dessus.
En tout les cas, si vous cherchez de l'action à tout-va, du grand spectacle et de la couleur, ne regardez pas ce film. Oui, les rares fusillades sont étonnantes quand on n'a pas l'habitude, un peu abusées devant la classe et la force de son personnage principal, mais à bien y regarder, pas autant qu'un John Rambo. On sent la volonté du réalisateur/scénariste de parler d'un événement tragique (la vague d'attentats entre 2007 et 2013), ainsi que l'arrestation du principal commanditaire. Le tout dans un thriller assez haletant (la tentative de capture à distance grâce à Ari est balèze), qui nous offre aussi un final puissant, mais pas explosif (quoique l'attaque de la forêt où se cache Khalid est explosive). La traversée de ce pont, punaise. Bon, on n’échappera pas au salut du drapeau Indien, mais le film ne "joue" pas trop là-dessus, par rapport à d'autres longs-métrages de ce pays je veux dire.
Pas aussi fun que ce à quoi je m'attendais, on reste sur une partie action abusée, mais qui évite d'aller dans le ridicule. Non, des fois elle atteint le ridicule c'est vrai, tellement c'est improbable, mais pas comme on pourrait s'attendre d'un film Indien. L'histoire est puissante, on regrette juste la perfection de Vijay, qui voit tout, bute tout, n'a jamais peur, et reste compréhensif quand il voit l'hésitation d'un des membres de son équipe. Il est parfait quoi. Sinon, le film fonctionne bien et met la lumière sur une période qui a dû être angoissante en Inde. J'ai bien aimé, et je vous le conseille, même si l'aspect trop sérieux peut rebuter.
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